Rencontre avec Jacques-Yves Hennebel, metteur en scène, écrivain et comédien, membre de Place de la Communication depuis 2016.

Bonjour Jacques-Yves, parle-nous de ton parcours et de tes liens avec le secteur de la communication.
J’étais en 2ème année d’école d’ingénieur quand mon père « menuisier-comédien » – il passait son temps sur les planches – m’a proposé de monter sur scène à ses côtés. J’avais 18 ans, j’ai vécu un rêve, et j’ai mis au moins deux semaines à m’en remettre de retour dans mon école. M’en suis-je jamais remis d’ailleurs?… Ce qui me plaisait c’était ce lien, ce partage avec un public qui fait son propre voyage à travers vous. Je ne pensais pas à l’époque vivre de cet art. Toutefois, en parallèle de mes études j’ai suivi les cours du conservatoire de Lille. Et durant les 20 ans qui ont suivi, j’ai passé mon temps entre des métiers dits « sérieux » dans le marketing, la communication et le management, et la créativité débridée du théâtre. Petit à petit la jonction entre ces deux mondes s’est imposée. Aujourd’hui on vient me chercher pour mettre en scène des moments de la vie de l’entreprise, faire s’exprimer les collaborateurs, ou se mettre en scène soi-même lors de prestations orales. Mon métier consiste à révéler le merveilleux qui vit chez chacun, pour le partager avec générosité et allumer ainsi tout un univers de possibles. Je suis heureux d’être sur scène, mais je suis toujours très ému de voir une personne que j’ai eu la chance d’accompagner se découvrir et rayonner devant son public.

Pourquoi un professionnel de la communication peut-il avoir besoin d’accompagnement en prise de parole ?
Pour toute personne, c’est essentiel de se faire confiance et de savourer son pouvoir vis à vis d’un public. Je parle bien de “pouvoir”, et on s’attend justement quand on fait partie du public à ce que l’orateur ou l’acteur existe sur scène en toute plénitude et au sommet de son énergie pour, à notre tour, pouvoir laisser émerger notre propre force. Seulement, une fois sur scène, nous pêchons souvent par timidité, nous retranchant parfois dans nos habitudes que nous prenons pour notre zone de confort, qui nous laissent pourtant frustrés, comme le public d’ailleurs. Nous n’incarnons pas suffisamment nos propos.

Ce que j’ai reçu, j’ai envie de le transmettre. Des metteurs en scène pleins de bienveillance m’ont accompagné dans ce chemin d’affirmation et d’écoute qui mène à créer des moments de prise de parole joyeux. C’est essentiel de rester sur une note de joie, d’espoir. Il m’est arrivé d’intervenir dans des colloques très difficiles, traitant de la maltraitance par exemple. L’envie de respirer, de croire en un lendemain meilleur, voire de rire est toujours la plus forte.

Tu as animé en mai une formation pour nos adhérents, quelles sont les clés d’une parole efficace ?
Elles sont toutes à explorer simultanément :
– Un ancrage dans l’espace, les pieds inscrits dans le sol, le sommet de la tête élevé vers le ciel,
– Une conscience de sa respiration, abdominale,
– Embrasser l’assistance de son regard. À ce propos, même avec une assemblée nombreuse, regardez bien une seule personne, avec chaleur, ne serait-ce qu’un instant, toutes les autres se sentiront regardées avec humanité,
– Faire la différence entre la nonchalance et la crispation, pour trouver au milieu son équilibre tonique et néanmoins relaxé,
– Visualisez votre unique message, celui qui recèle votre credo fondamental, et qui prend le « costume » de la circonstance de votre prise de parole,
– Avoir répété. De ce point de vue, les meilleurs dirigeants sur scène, sont ceux qui osent répéter devant leurs collaborateurs qui vont intervenir également,

L’enjeu, c’est d’être disponible. Un metteur en scène russe nous disait : « Le personnage apparaît sur scène animé de trois éléments : Ce qu’il est – Ce qu’il veut – Ce qu’il reçoit. Sans cesse il doit être perméable à ce qu’il reçoit pour retrouver une nouvelle verticalité, et renvoyer une énergie enrichie, dans un cercle vertueux qui va le mettre, lui et son public, en lien avec le divin ».
Je crois que de la même façon un orateur se prépare bien, l’esprit, le mental et le corps pour s’ouvrir à « l’imprévu qui heureusement surgit pour déjouer l’attendu » comme disait René Char.

Quel est ton regard sur l’évolution de nos métiers et la place de l’expression dans l’entreprise ?
Au vu des récents événements de communication pour lesquels j’ai été sollicité – conventions, créations théâtrales, séminaires de cohésion et de créativité – j’ai senti un réel souhait de simplicité, de spontanéité, de recherche de la justesse entre le discours et le ressenti de la réalité. Ce qui tendrait à s’approcher de la devise des humanistes « Que ta parole soit vraie, simple, claire et belle »

Quelles sont tes prochaines actualités ?
Je relance un atelier de théâtre hebdomadaire mélangeant professionnels et amateurs avec à la clé une création. Je fais actuellement le casting. Les répétitions seront sur Roubaix. J’anime aussi avec Olivier Hamoir – ancien journaliste et rédacteur en chef de Radio France Ile de France – un module “théâtre et mediatraining”, ou comment bien se préparer face aux journalistes en faisant appel aux techniques théâtrales.

Contact
Jacques-Yves Hennebel
06 61 46 72 14
www.jacques-yveshennebel.com

One Comment

  • Moi, jacques :

    Si j’habitais à ROUBAIX…j’irai passer mes soirées à écouter jacques-Yves. Bravo mon pépère tu as trouvé la bonne voie qui te convient !!

    Bises à tout le Boulevard de Cambrai …

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