Alors le franglais, qu’est-ce que c’est ? La pratique du franglais en communication

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Sans même le savoir, vous parlez le franglais. Mélange pas toujours très savant de français et d’anglais, le franglais fait référence à un langage parlé ou écrit, commun à une communauté plus ou moins restreinte, en entreprise ou dans un cadre plus vaste. C’est un parlé car le franglais désigne un ensemble de termes pas toujours attesté en français et qui souvent, sans même que vous le sachiez, pourraient être remplacé par des mots tout à fait français. Ainsi, le franglais répond parfois à une posture, celle de l’appartenance à un groupe, à une entreprise ou une communauté. Le franglais, dans ses formes les plus développées, associe la posture à l’image, celle de notre monde personnel, de ce qu’il reflète et représente.

  • Le franglais apporte une richesse de vocabulaire nouvelle au français mais sous certaines conditions…

Le franglais est un métalangage (un peu comme une langue dans une langue) riche en vocabulaire nouveau car il s’inscrit dans la langue du français sans possibilité de s’inscrire dans celle de l’anglais. Le franglais évolue un peu comme la mode, changeant et varié, jamais vraiment fixé dans son vocabulaire ni dans ses formes. Il s’impose avec un Best of, une Photo Station ou un Foot locker sans que les français de souche ne sachent encore de quoi il s’agit vraiment. A priori, le franglais est aussi un mode de communication dont l’origine se confond un peu avec le monde moderne de l’entreprise. La question qu’il convient de se poser serait donc celle-ci : peut-on réellement se servir du franglais pour apporter du sens et de l’impact à nos communications ou faudrait-il s’en méfier car il ne veut rien dire ? Nous allons donc y répondre…

 

  • Le franglais, un vocabulaire tiré de l’anglais et plus ou moins adapté au français

Essayons d’être honnête, les français qui maitrisent parfaitement l’anglais sont particulièrement rares, tout autant que ceux qui maitrisent vraiment le français. Le franglais arrive alors à point nommé pour donner l’illusion que vous connaissez votre sujet. C’est une réalité que chacun d’entre nous aura d’ailleurs souvent constaté. Le franglais est-il alors réductible à une posture, un vocabulaire d’entreprise infantilisant et plus ou moins adapté à un cadre de communication, de dialogue et de décision ? Essayons d’y voir plus clair…

Si les termes de planning et de marketing ne paraissent plus associés au franglais, ils ont pourtant le mérite d’exprimer pleinement ce qu’ils sont, plus rapidement encore que de passer par le français.  En effet, le marketing, ce n’est pas seulement une question d’études de marchés car il réfère à un ensemble de sujets très précis comme l’analyse des besoins des consommateurs et les moyens d’action utilisés par des organisations ou des entreprises pour les satisfaire, voire à en créer de nouveau. Nous le voyons très bien, le marketing résume toute une phrase et de nombreux concepts. A l’origine, les termes du franglais n’ont rien de facile ou d’infantilisant car ils font souvent référence à un concept riche et multiple qui ne trouve pas de termes équivalents en français. C’est par exemple le cas des start-ups que l’on traduirait improprement par une jeune pousse. Mais la start-up répond à un business model, c’est à dire un plan d’organisation commercial et d’affaires complexe tout en y associant l’idée d’innovation, de modernité et de volonté d’évolution. Là encore, le français se montre inopérant avec ces nouveaux concepts.

 

  • Le franglais intègre pleinement le français quand il apporte un supplément de sens qui n’existe pas a priori dans les mots du français…

Finalement, les termes du franglais ne se sentent vraiment à l’aise avec le français que lorsqu’ils désignent entièrement un concept purement anglais et qu’ils viennent, avec une certaine élégance, “envahir” le français. La mode et la décoration nous en donnent peut-être les meilleurs exemples : c’est le design… C’est très fashion ou fully fashionned… Dans ce cas, le franglais apporte un supplément de sens bienvenu, avec cette touche de finesse qui caractérise aussi le français. Mais le franglais présente parfois cette tendance à exprimer une pensée décalée par rapport à ce que l’on voudrait vraiment faire comprendre à un auditeur… Dans ce cas, le français se suffit le plus souvent à lui-même.

 

  • Quand le franglais opère un décalage de sens assez douteux dans la communication… 

En effet, pourquoi parler de win-win alors qu’une opération “gagnant/gagnant” est toute aussi parlante et expressive pour votre interlocuteur ? Pourquoi parler de process pour une opération, une technique, un programme, un mode d’emploi, un mécanisme, des consignes ou un processus ? Le français est ici tellement riche que le franglais tombe un peu comme un cheveu sur la soupe sans apporter grand chose de neuf ! De même, le e-business, autrefois plus parlant lorsque le commerce en ligne n’était que balbutiant se suffirait aujourd’hui très bien de son appellation franco-française. C’est un peu la même chose pour le e-learning, l’apprentissage en ligne, ou le brainstorming qui n’a rien d’un casse-tête mais qui désigne plus simplement une réflexion, voire  un “remue-méninges”  ou tout simplement, une recherche de solutions… Le débriefing aurait sans doute plus à gagner s’il retrouvait son sens premier d’analyse. Dans ce cas, le franglais évoquera bien cette posture qui avait été évoquée en introduction. Le franglais donne alors une image fausse d’appartenance à un groupe, à une certaine culture d’entreprise franglaise un peu artificielle…

 

  • Le franglais utilisé à tort et à travers exprime un discours artificiel à la limite du ridicule

En effet, le franglais, c’est aussi et surtout un parlé de l’artifice, le besoin de se fondre dans une  certaine tendance de groupe, peut-être par crainte de l’exclusion ? A l’opposé, le franglais fait partie de l’ambiance du moment à moins qu’il ne lui donne naissance, un peu comme le verlan des jeunes qui revient sur le tapis. Le franglais devient alors un outil pratique pour se fondre dans la masse. Le franglais, s’il est utilisé comme une technique de vente pourrait alors être considéré comme un outil efficace du marketing. Mais là encore, le franglais ne véhicule rien de très authentique sauf que les paroles passent et que l’écrit reste, surtout lorsqu’il s’agit de vous faire signer un contrat… Cette tendance douteuse relève plutôt d’un processus bancal de séduction du langage. Peut-être ne s’agit-il alors que d’une dialectique boiteuse qui laisserait surtout paraître les faiblesses langagières d’un habile commercial ?

 

  • Le franglais, comme pour n’importe quel outil dialectique, est dépendant de la situation de communication

Faut-il pour autant considérer le franglais et ses dérives comme un abus de langage particulièrement négatif dans la bouche d’un locuteur français ? Peut-être que non car cela dépend, comme nous l’avions dit, de la situation de communication dans laquelle vous vous trouvez. L’anglais s’est immiscé dans le français de manière très subtile lorsqu’il apportait un supplément de sens, pour enrichir le vocabulaire et le signifié du français. Nous l’avions vu pour le marketing, mais c’est tout aussi vrai pour le e-mail, qui désigne un message informatique virtuel, pour les start-ups et bien d’autres exemples encore… A l’opposé, comme pour tous les abus, le franglais devient ridicule dans le discours de ceux qui ne maitrisent ni leur langue maternelle, ni la langue de Shakespeare ou dans le cas, bien plus fâcheux, de ceux qui veulent paraître plus malin qu’il ne le sont vraiment. Dans ce dernier cas, l’illusion ne tient pas la route devant l’homme sage…

Retenons simplement qu’une langue vit et se construit tous les jours. Si nous parlons aujourd’hui du franglais comme d’un métalangage tendance et flatteur, il n’en demeure pas moins vrai que du XIV au XVIème siècle, la cour d’Angleterre parlait le français car il était de bon ton de pratiquer la langue des arts et de la littérature française qui commençait déjà à briller avec Ronsard et du Bellay. Finalement, le franglais n’est jamais qu’un juste retour des choses, ce qui n’empêchera pas le français de continuer son évolution.

Et pour finir…

 

Source : Article rédigé par Eric Mallet,
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