Comment attirer et fidéliser les talents ? – Regard d’expert

Valérie Fenaux – Déléguée Régionale APEC Hauts-de-Franc

Attirer et fidéliser les talents, un vrai enjeu !

 

Aujourd’hui, les Hauts-de-France sont le troisième pôle de formation universitaire métropolitain. Avec 47 établissements privés et 20 établissements publics, la région – 1ère région de France pour la formation des ingénieurs – abrite près de 200 000 étudiants *. Mais quoique reconnus et valorisés dans le domaine de l’enseignement supérieur, les Hauts-de-France éprouvent pourtant des difficultés à retenir les talents formés dans nos cursus.

En effet, si la région possède beaucoup d’atouts, elle ne fait pas partie des régions les plus attractives (a contrario de Bordeaux pour les cadres et d’une manière générale de l’arc atlantique ou de l’Occitanie, prisée pour son dynamisme économique et sa R&D), que ce soit pour fidéliser les jeunes diplômés ou drainer les expertises issues d’autres régions.

Comment y remédier ? La formation continue constitue un des leviers essentiels de la fidélisation des cadres, par la montée en compétences et l’évolution professionnelle. En effet, l’expérience ne suffit plus dans un environnement où l’obsolescence des compétences s’accélère et où chacun doit s’adapter aux transformations (management, transformation digitale, transition énergétique, organisation du travail, inflation réglementaire…) : la formation est plus que jamais au cœur des enjeux de politique RH.

On note en ce sens que les écoles et les universités développent des programmes de formation afin de permettre aux salariés et aux entreprises de sécuriser leur développement.

Communication et Marketing : des secteurs en tension ?

 

Un métier dit en tension renvoie à un déséquilibre entre l’offre et la demande d’emploi pour ce métier donné. Ainsi, il y a tension dès que le nombre d’offres d’emploi émises est supérieur au nombre de demandes d’emploi exprimées sur un marché.

On atteint aujourd’hui une moyenne de 33 candidatures par offre, les tensions se généralisant à l’ensemble des secteurs d’activité, des fonctions et des métiers cadres, avec une exigence supplémentaire sur les compétences digitales transverses.

Dans ce contexte général, les fonctions communication- création sont les moins tendues sur le marché avec 55 candidatures sur offre. Néanmoins, certains métiers comme le community management requérant la maîtrise du social web ou les fondamentaux du web marketing sont en première place des besoins de recrutement dans ce secteur.

Plusieurs facteurs viennent aujourd’hui expliquer cette tension générale sur le marché de l’emploi.

En premier lieu, la concurrence entre les régions, voire à l’international, en lien avec les critères d’attractivité à la fois des territoires (emploi, qualité de vie, métropolisation…) et des entreprises elles-mêmes, que nous conseillons à l’Apec sur leur marque employeur.

En second lieu, on peut identifier un décalage dans le temps entre l’expression/qualification des besoins de compétences des entreprises et la réponse en contenus de formation et en volumétrie de personnes à former, particulièrement en formation initiale. Anticiper et s’appuyer sur les études prospectives pour identifier les métiers de demain sont indispensables, sans oublier une collaboration agile entre les différents acteurs pour répondre dans des cycles de plus en plus raccourcis.

La communication, un secteur en pleine évolution

 

La transformation digitale a un impact fort sur les secteurs de la communication et du marketing

L’enjeu que représente la maîtrise de ces nouvelles technologies explique l’internalisation de certaines compétences chez les annonceurs. Le poids du numérique croît dans tous les domaines d’activités.

Le secteur de la communication est également marqué par un phénomène de « freelancisation » : le nombre d’indépendants a fortement progressé, ce qui correspond quoiqu’il en soit à une tendance générale d’évolution vers d’autres formes d’emplois que le salariat classique (entrepreneuriat, portage, management de transition, groupement d’employeurs, plateformes…). Sans compter la recherche de l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle dont un des marqueurs est le développement du télétravail.

En revanche, il faut nuancer les évolutions en matière de recrutement. S’il est vrai que beaucoup d’agences et de prestataires recrutent énormément grâce aux réseaux personnel & professionnel (canal de sourcing utilisé dans 58% des cas), les offres d’emploi restent le canal privilégié (88%) par les recruteurs. Ce qui se vérifie cependant, c’est le sourcing multicanal (5 en moyenne) et le développement de l’utilisation des réseaux sociaux (multiplié par 4 depuis 2008).

A noter néanmoins que les méthodes comme les outils de recrutement varient encore nettement entre les acteurs privés et les collectivités publiques, ces derniers restant beaucoup plus traditionnels dans leur procédure de recrutement.

Pour conclure, un secteur en constante évolution, très en lien avec son environnement et la transformation du monde du travail, qui devra se questionner sur la lisibilité du métier « communication ».

Valérie Fenaux – Déléguée Régionale APEC Hauts-de-France

*Source : www.prefectures-region.gouv.fr

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