La Digital Detox : pourquoi et comment ?

Aujourd’hui, les nouvelles technologies envahissent notre quotidien, sur le plan professionnel comme sur le plan personnel. Omniprésentes, il n’est pas toujours facile d’échapper à toute cette (sur)agitation digitale. Des exemples ? Un cadre reçoit en moyenne 90 mails par jour, et passe de fait près d’un quart de sa journée de travail à les traiter. Chez les cadres ayant davantage de responsabilités, ce nombre peut monter jusqu’à une moyenne de 200 mails par jour. Notre smartphone, lui, est consulté environ 150 fois au cours de la journée.
Or, cette hyperconnexion nuit à notre santé, à notre sociabilité et à notre efficacité professionnelle. Stress, fatigue, problème de concentration, baisse de la créativité… autant de risques engendrés par de mauvais usages des technologies et des réseaux sociaux.
Le défi, proposé par des agences telles qu’Into the Tribe, est d’instaurer de nouvelles pratiques numériques,  plus saines et plus équilibrées.

Quels sont les dangers de l’hyperconnexion ?

 

La dépendance aux NTIC et des plus en plus forte dans nos sociétés. En effet, plus de 75% de la population passent désormais du temps en ligne dès le réveil et au coucher, si bien que nous passons en moyenne 8,4 heures par jour devant un écran. En entreprise comme chez soi, nous avons contracté de mauvais réflexes numériques, qui peuvent à terme se révéler dangereux.

Il existe de nombreuses manifestations néfastes et problématiques de l’hyperconnexion, dont les trois principales sont les suivantes :

  • L’infobésité: l’infobésité se définit comme un excès d’informations, informations que l’on ne peut traiter sans nuire à soi-même ou à son travail. Le cerveau humain n’a en effet pas la capacité d’assimiler et de mémoriser cette surcharge informationnelle, ce qui va entres autres causer stress, fatigue ou irritabilité.
  • Le multitasking: le multitasking renvoie à l’habitude que nous avons d’effectuer plusieurs tâches à la fois. Cependant, notre cerveau n’est pas capable de réaliser correctement plusieurs actions en même temps. Par exemple, nombre de mails comportant coquilles et fautes d’orthographe sont envoyés alors que nous sommes occupés à faire autre chose. Multitasking et qualité de travail ne sont donc pas compatibles.
  • Le blurring : le blurring signifie que la frontière entre le professionnel et le personnel tend à devenir de plus en plus floue. L’une des manifestations les plus évidentes de ce phénomène est ce besoin que nous avons de consulter notre boîte mail ou notre agenda professionnel sur nos temps de repos (weekend, vacances, RTT…). Le « break », pourtant nécessaire pour se ressourcer, est de moins en moins pratiqué.

Si l’hyperconnexion affecte la qualité de vie au travail, il existe bien d’autres conséquences, notamment sur le bien-être et sur la productivité. Ainsi, la dépendance au digital et aux nouvelles technologies va provoquer :

  • Stress, fatigue, irritabilité, troubles du sommeil et de l’appétit
  • Une baisse de la concentration et de la créativité. En effet, des études montrent que lorsque nous sommes interrompus dans notre travail, plus d’une vingtaine de minutes sont nécessaires pour parvenir à se concentrer de nouveau.
    De même, la créativité est tributaire de l’ennui : le cerveau a besoin de réels moments de repos pour développer son imagination !
  • Une absence de réflexion due à l’instantanéité
  • Une préférence pour les relations virtuelles
  • Des problèmes de sociabilité et de communication : déconnecté, les échanges sont plus fluides, l’écoute plus active et les réunions plus rapides.

 

Finalement, l’hyperconnexion peut présenter des risques réels pour la santé mentale. En effet, plusieurs études ont montré l’existence d’une corrélation entre l’hyperconnexion et le burn out.
De même, l’université de Pittsburgh (New York) a mis en évidence un lien entre le temps passé au quotidien sur les réseaux sociaux et le risque de dépression. Les scientifiques ont ainsi révélé que parmi les quelques 1797 sujets interrogés, âgés de 19 à 23 ans, ceux qui consultaient le plus fréquemment les réseaux sociaux avaient 2,7 fois plus de risques d’être atteint d’une dépression. A noter qu’en moyenne, les sondés concernés consacraient plus d’une heure par jours à ces sites et les visitaient une trentaine de fois par semaine.

Comment et pourquoi entamer une Digital Detox ?

 

La Digital Detox désigne une période au cours de laquelle un individu cesse d’utiliser des appareils électroniques, tels que les smartphones ou les ordinateurs.
Cette Digital Detox peut tout d’abord se manifester à travers des méthodes de déconnexion visant à recréer du lien social et à faciliter les échanges. L’objectif de cette déconnexion totale est ainsi de renforcer la cohésion d’équipe, mais aussi la qualité des interactions et de l’écoute active.
La Digital Detox peut également se traduire par un changement en profondeur des usages numériques au quotidien, l’idée étant de parvenir à mieux travailler avec les outils numériques. Par-là, on vise l’amélioration du bien-être  et de la productivité de l’entreprise, induits par des rapports plus raisonnés et plus sains aux nouvelles technologies.

A défaut d’une Digital Detox sur le plan professionnel, toutes les entreprises n’étant pas encore enclines à entamer ce type de programme, plusieurs solutions simples peuvent être adoptées au quotidien en vue d’éviter la « surconsommation digitale ». Pour n’en citer que quelques-unes :

  • Désactiver les notifications des applications les plus actives afin de ne plus être interrompu au milieu d’une tâche.
  • Séquencer son travail en vue de maximiser les temps de concentration et donc booster sa créativité. Par exemple, 2h de travail de fond puis 30 minutes de traitement des emails. Des applications telles qu’Inbox pause, qui permet de bloquer sa messagerie pour un temps défini, peuvent venir en soutien de ce type de démarches.
  • S’aménager des temps de déconnexion numérique, notamment pour remettre les interactions au cœur de nos préoccupations.
  • Limiter les envois d’emails, certains n’étant pas toujours utiles, et privilégier les appels téléphoniques ou les rendez-vous pour les échanges longs.

Pour quelles raisons les entreprises se mettent-elles à la Digital Detox ?

 

Les préoccupations autour de l’utilisation abusive d’Internet et des nouvelles technologies sont en réalité des sujets assez neufs. Certaines entreprises, notamment celles évoluant dans le secteur de la High Tech, ont déjà compris les dangers de l’hyperconnexion et la nécessite de réagir, mais cette lucidité est loin d’être commune / de s’être étendue à toutes les organisations. Le processus de prise de conscience est seulement en cours chez la majorité des professionnels.

Néanmoins, on ne peut nier que des changements s’opèrent au sein des entreprises. Plusieurs motivations en sont à l’origine.

  • Tout d’abord, une motivation de nature juridique. Le droit à la déconnexion est en effet entré en vigueur le 01 janvier 2017, avec pour objectif de permettre aux salariés de concilier vie privée et vie professionnelle. Cette loi les autorise ainsi à ne pas se connecter aux outils numériques ou à répondre à leurs employeurs en-dehors des horaires de travail. Les premiers procès, et les premières sanctions (à hauteur de 60 000€), commencent à tomber, incitant les entreprises à respecter le droit à la déconnexion des employés.
  • Une autre motivation est liée au bien-être au travail, une problématique réelle et actuelle aujourd’hui en France. Or, réguler les usages numériques est une des solutions qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie au travail. Cette motivation se double d’une logique RH : rendre heureux les collaborateurs est un moyen de les fidéliser et de lutter contre le turn-over, mais aussi de renforcer leur engagement : ceux qui se sentent bien restent !
  • Finalement, une motivation d’ordre économique : l’hyperconnexion perturbe la qualité du travail. En effet, il a été démontré que la productivité comme l’efficacité sont directement impactées ces mauvais rapports au digital.

 

Les entreprises qui repensent leurs usages numériques ont aujourd’hui une longueur d’avance et se démarquent de leurs concurrents.
La Digital Detox, appréhendée comme la mise en place de nouveaux usages numériques, plus sains et plus raisonnés, est une réelle stratégie pour les organisations. Ces nouvelles pratiques digitales sont en effet amenées à devenir un avantage compétitif pour les entreprises, notamment par la fidélisation des collaborateurs et l’augmentation du taux d’engagement des salariés qu’elles apportent, mais aussi grâce à leurs apports en termes de productivité et d’efficacité.

 

Source: Vincent Dupin, Fondateur, Into the tribe

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