Prendre la parole en public tout en étant traduit en simultané : 4 astuces d’expert pour réussir

parler en public

 

Que vous soyez obligé de présenter un topo pour remplacer quelqu’un au pied levé, ou que cela fasse partie intégrante de votre cursus : la prise de parole ne s’improvise pas. Vous avez certainement déjà expérimenté quelques aléas qui se produisent régulièrement : réduction de la durée de votre intervention, problèmes de micro ou de pointeur, impression de perdre l’attention du public, etc. Lorsqu’en plus vous savez que vous allez être traduit par des interprètes de conférence, ne vous affolez pas ! Ayez juste ces astuces en tête pour être bien compris du professionnel qui traduit vos propos en simultané. C’est la gestion de tous les aléas qui vous donnera l’aisance et l’assurance d’un vrai professionnel pour faire passer les bons messages, dans votre langue comme dans les langues traduites.

 

1 – Aérez vos diapos au maximum

Le secret d’une présentation réussie commence par la création de slides vides, ou presque !

Ce ne sont pas les tutoriels qui manquent pour la création d’un diaporama de type Powerpoint.  Pour exceller dans cet art, il faut avant tout penser structure claire et diapos aérées.

Voici quelques conseils pour éviter lourdeur et ennui de votre auditoire :

  • N’indiquez pas plus de trois lignes par diapo. Le texte doit reprendre les concepts et idées phares. Vous les commenterez brièvement à haute voix le moment venu.
  • Choisissez bien les couleurs des graphiques : ainsi, il vaut mieux éviter le jaune ou les couleurs pastel qui ne se voient pas bien dans la salle
  • Jouez sur la taille de police en l’augmentant pour les informations les plus importantes comme les chiffres-clés, les tendances ou les abréviations. Mettez en gras les mots-clés.
  • Encerclez très distinctement les points d’intérêt sur les images, graphiques et photos.

Il vaut toujours mieux augmenter le nombre de diapos aérées, simples mais claires, plutôt que d’essayer de remplir le moins de diapos possible avec trop de détails et de textes illisibles, donc incompréhensibles.

Vous utilisez un jargon technique, évoquez des sigles et abréviations peu connus ? Pensez aux interprètes !

Tout professionnels et expérimentés soient-ils, les interprètes de conférence apprécieront de recevoir la présentation à l’avance pour pouvoir se préparer et trouver les termes équivalents dans l’autre langue.
Envoyez votre présentation au plus tard 48h avant aux organisateurs pour que les interprètes en prennent connaissance : vous pouvez être assurés que vos propos seront bien restitués.

2 – Parlez dans le micro !

Le conseil peut sembler évident, mais il nécessite d’y porter une attention particulière.
Une erreur classique lorsqu’on fait une présentation en public est de se tourner vers les diapos plutôt que vers son public, et donc de s’adresser aux diapos, pas à l’auditoire.

Pourtant, rester face au public, c’est l’assurance :

– D’apparaître aux yeux de votre audience comme un vrai professionnel.
Vous gardez un œil sur vos notes et votre petit écran de PC en restant face public. Vous ne vous tournez vers les diapos que pour utiliser le pointeur et mettre en avant un point précis – mais sans dire un mot.

– De regarder et d’analyser les réactions de votre public, ses interrogations ainsi que d’éventuels éléments perturbateurs extérieurs susceptibles de détourner son attention.
Vous pouvez ainsi adapter votre discours en fonction de ce qui se passe.

–  De parler clairement dans le micro en évitant les microcoupures et autres altérations du son désagréables pour le public et extrêmement gênantes pour les interprètes, souvent situés au fond de la salle.
C’est d’autant plus vrai pour les micros portatifs comme les micros-cravates : essayez de parler dans l’axe central de votre torse pour que votre voix porte et soit bien restituée par les enceintes.

A éviter : beaucoup d’intervenants même aguerris ont tendance à tapoter le micro et à commencer leur intervention par « est-ce que vous m’entendez ? ».

Il s’agit souvent d’une manière détournée de cacher sa timidité ou sa nervosité mais personne n’est dupe. Ce bruit est non seulement désagréable pour le public, mais il risque de faire très mal aux tympans des interprètes ! Même si vous êtes le premier intervenant de la journée, partez du principe que les techniciens ont bien fait leur travail et testé l’installation. Tout va très bien marcher : vous y êtes habitué !

3 – Utilisez correctement votre pointeur :

– En arrivant à l’avance

Le pointeur est un excellent outil pour souligner quelque chose sur la slide qui s’affiche derrière vous. Qu’il s’agisse de votre propre pointeur ou d’un pointeur commun à tous les intervenants,  veillez à bien vous assurer de son fonctionnement avant.

Cela vous évitera :
– de vous apercevoir au moment de la présentation qu’il manque les piles !
– de changer de slide quand vous souhaitez juste pointer ou afficher du texte
– de vous rendre compte qu’il ne s’adapte pas à votre ordinateur portable.

Pour cela, arrivez bien en avance et testez-le, vous rassurerez du même coup les organisateurs sur votre professionnalisme.

– En restant toujours face au public

Avant de pointer votre diapo, dites face au public ce que vous souhaitez montrer.
Toutes les données et chiffres importants seront mieux assimilés et compris si vous vous tenez face à votre auditoire que si vous lui tournez le dos ou restez de biais pour pointer.
En outre, dos au public lorsque vous pointez quelque chose, vous pensez moins au micro et des informations importantes risquent d’échapper aux interprètes.

L’astuce ? Répéter plusieurs fois l’information la plus importante, par exemple en la formulant différemment.
Pour bien maîtriser cet exercice de pointage des diapos, pensez à vous entraîner chez vous.

4 – On vous demande de « rattraper le retard » ? Sachez gérer votre temps comme un pro !

Dès lors que plusieurs intervenants sont prévus, il est courant que les premiers dépassent le temps imparti, obligeant les suivants à écourter leur présentation.

Les habitués le savent, la gestion du timing est un élément capital pour une présentation réussie.
Or, si à la maison votre exposé tombe parfaitement dans la durée qui vous est réservée, il arrive très souvent une fois sur place que l’on vous demande d’être succinct afin de rattraper le retard pris par les intervenants précédents.

Le piège à éviter : parler à toute allure.

Nul besoin de s’excuser car le retard n’est pas de votre fait, mais surtout, ne vous lancez pas en pensant que vous allez pouvoir rattraper une demi-heure de temps en présentant les diapos plus vite.
Non seulement vous risquez de vous emmêler les pinceaux, mais cela deviendra tout à fait indigeste pour le public et les interprètes.

Astuce n°1 : Anticipez cette possibilité qui se présente fréquemment en prévoyant quelques slides que vous pourrez retirer ou passer rapidement.

Astuce n°2 : Si vous êtes prévenu suffisamment tôt, retirez lesdites diapos pour que cela passe inaperçu. Sinon, annoncez que vous avez décidé de ne pas parler de tel sujet et passez les slides sans rien dire : il n’est rien de pire qu’un intervenant qui annonce qu’il ne présentera pas la problématique X, et qui ensuite bafouille et présente sans présenter.

Astuce n°3 : Si vous savez que votre public pourra accéder à votre présentation après la conférence, dites-le-lui. Et indiquez-lui que vous avez décidé de ne pas aborder ce sujet mais que vous vous tiendrez à disposition pour répondre à d’éventuelles questions ultérieurement.

L’organisateur vous saura gré de prendre en compte ses contraintes, le public et les interprètes apprécieront d’avoir eu une présentation claire et synthétique plutôt que rapide et bâclée.

 

Prendre la parole en public ne s’improvise pas. Les intervenants chevronnés s’entraînent et/ou se font relire. Si au fond vous êtes content d’avoir pu partager votre savoir, vous souhaitez certainement être invité à nouveau, à d’autres occasions.
Les organisateurs d’événements se refilent les « bons tuyaux » : suivez ces quelques astuces qui vous permettront d’être connu comme un intervenant agréable, audible, ponctuel et maîtrisant la situation. Vous aurez ainsi toutes les chances d’être ré-invité !

 

Anne-Marie Gossellin, AMG Traduction à Amiens

Retrouvez d’autres articles sur la prise de parole sur notre blog :
– “De la force du silence dans votre discours”, par Madame Pitch > Cliquez ici
– “Prise de parole en public”, par Jacques-Yves Hennebel > Première rencontre, Deuxième rencontre

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