Vers une communication inclusive

La MEL Place de la Communication

 

Le français inclusif, c’est quoi ?

La démarche du français inclusif consiste à éliminer tous les stéréotypes dans la langue : âgistes, validistes, racistes… Et bien sûr, dans une langue très genrée comme le français, le plus gros effort de changement porte sur le fait de nommer les femmes au féminin. Ou au moins de ne pas nommer tout le monde au masculin.

 

Un point pour tout ?

Le français inclusif va bien au-delà du point médian, qui est pratique pour aller vite, mais qui est très récent et qui n’est absolument pas la seule solution. Quand plusieurs gouvernements francophones, dont la France, adoptent la féminisation des noms de métier dans les années 1980, c’est un début d’inclusion. Quand l’État promeut le langage clair dans ses administrations dans les années 1990, c’est une étape du français inclusif. Quand l’Académie française en 2019 valide les noms de métiers, titres, grades et fonctions au féminin, ça s’inscrit dans la démarche du français inclusif.

 

Pourquoi c’est important ?

La langue, les mots que nous prononçons, lisons, entendons à longueur de journée influent sur notre perception des gens, sur notre vie. La langue colore qui nous sommes individuellement et collectivement. Il est temps de reconnaitre que les mots que nous utilisons ont un impact significatif sur la perception de l’égalité des genres. Quand on pose la question : « Qui est votre chanteur préféré ? », on obtient 15 % de chanteuses dans les réponses. Si dans la question on inclut les femmes, « Qui est votre chanteur ou votre chanteuse préférée ? », les réponses incluent 40 % de femmes. Un mot fait presque fois trois ! Vous connaissez beaucoup d’outils qui ont un tel pouvoir multiplicateur ?

 

Sexisme en ligne

Le dernier rapport du Haut Conseil à l’égalité nous informe que les femmes sont sous-représentées et caricaturées ou agressées sur les réseaux sociaux et qu’elles sont insuffisamment formées ou recrutées dans la tech.

À partir de l’analyse des 100 contenus les plus vus sur Instagram, le HCE (Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes) affirme que :

  • 68 % des contenus propagent des stéréotypes de genre ;
  • 27 % contiennent des propos à caractère sexuel ;
  • 22 % des propos à caractère sexiste.

À partir de l’analyse des 100 contenus les plus vus sur YouTube, le HCE affirme que :

  • 24% des contenus contiennent des éléments de violence ;
  • Seulement 8 % des vidéos sont faites par des femmes.

À partir de l’analyse des 100 contenus les plus vus sur TikTok, le HCE affirme que :

  • 61% des vidéos présentent des comportements stéréotypés masculins ;
  • 42,5% des séquences d’humour et divertissement contiennent des représentations dégradantes des femmes.

La régulation des contenus passe par la féminisation du secteur. La féminisation du secteur passe par la communication inclusive. La langue n’est pas tout, mais elle peut beaucoup.

 

Moins je connais, plus je m’oppose

Deux études sont parues début 2023 démontrant l’étroite et fâcheuse corrélation entre la méconnaissance de l’écriture inclusive et son rejet. Les conclusions de la première étude corrèlent étroitement l’adoption de l’écriture inclusive aux compétences linguistiques. En clair, plus une personne perçoit la langue comme un objet politique, plus elle a tendance à avoir des attitudes positives envers l’écriture inclusive, et plus elle a tendance à l’utiliser (Sauteur et al. 2023).

La deuxième étude a interrogé uniquement des traductaires. Les conclusions soulignent que plus les personnes se disent informées sur l’écriture non genrée, plus elles sont susceptibles de l’adopter. La majorité des personnes de l’échantillon disposant de peu ou d’aucune connaissance se dit hostile à l’écriture non genrée (65 %). Une tendance inverse se dégage pour les personnes davantage renseignées sur le sujet, puisque 60 % se positionnent pour, tandis que 29,2 % y sont toujours opposées (Grenez 2023). Au total, une majorité de l’échantillon reconnait à l’écriture inclusive une utilité (63,6 %) et le fait qu’elle peut avoir un impact positif sur la société (62,5 %). À titre indicatif, les deux solutions les plus utilisées sont la féminisation des titres de fonction à 75 % (avocate, technicienne, autrice) et le recours aux mots épicènes à 61,4 % (fonctionnaires, analystes, juristes).

 

Une posture

La communication inclusive utilise plusieurs outils, dont un langage clair et inclusif. Clair parce que notre cerveau lit en fait assez peu, notre cerveau scanne. Et quand on scanne, il faut que le texte soit clair, simple. Il faut que les informations importantes soient manifestes et l’appel à l’action évident et simple à effectuer. Faire preuve de clarté, c’est déjà une première étape pour inclure efficacement tout le monde. La deuxième étape pour rédiger, traduire, communiquer de manière inclusive c’est de ne pas faire de présupposé, de ne pas écrire (ou parler) uniquement pour un public qui nous ressemble ou dont on imagine qu’il est comme ci ou comme ça. Quels que soient nos biais.

 

Quels enjeux la langue porte-t-elle ?

Les enjeux de l’inclusion sont multiples : équité, diversité, respect. Ce sont des enjeux collaboratifs, de compréhension et de créativité. On a longtemps entendu qu’il ne fallait laisser aucun talent sur le bord de la route. La communication inclusive ça n’est pas seulement respecter les différences, c’est célébrer les différences. C’est un changement de paradigme. Les enjeux sont évidemment et éminemment humains et économiques.

Pour rappel, 83 % des bad buzz viennent de l’entreprise elle-même pour des publicités ou des messages sexistes, homophobes, validistes, âgistes….

 

Des avantages infinis

Investir dans une communication inclusive ne signifie pas simplement élargir votre public, mais également renforcer votre réputation en tant qu’entreprise socialement responsable et consciente des enjeux contemporains. Communiquer à l’écrit et à l’oral, en interne et à l’externe, avec une langue inclusive représente des bénéfices tangibles pour les organisations, quelles qu’elles soient.

Les bénéfices tangibles de la communication inclusive :

Une organisation employeuse qui fidélise ses talents

Des formations plus efficaces

Des appels à l’action optimisés

L’assurance de toucher une cible plus large

Une réduction des risques de litiges au regard des discriminations

Un fonctionnement interne plus fluide

 

La langue française est riche, flexible et créative. Elle est un outil puissant, gratuit, à disposition. Le français inclusif, c’est notre super pouvoir au service d’un monde plus juste !

 

Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger le livre blanc « La communication inclusive : enjeux et bonnes pratiques » en cliquant ici.

 

Contact :
Isabelle MEURVILLE
Traductrice, consultante et experte en français inclusif
Translature
isabelle.meurville@translature.com

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