Illustratrice indépendante
Pour moi, la Responsabilité Sociétale des Entreprises, ce n’est pas seulement une liste d’actions écologiques ou sociales. C’est une manière d’envisager son activité comme ayant un impact. Un impact sur l’environnement, sur les humains, sur les animaux… sur le vivant au sens large. Et moi, en tant que personne, dans tout ce que je fais, j’ai envie de contribuer à un futur désirable. Un futur désirable pour les humains, mais pour les animaux aussi.
Je crois que cette conscience a commencé à l’adolescence. C’est là que j’ai commencé à comprendre que nos actions ont un impact sur les autres. Que l’on peut, parfois sans s’en rendre compte, faire vivre des choses négatives à autrui. Petit à petit, cette prise de conscience s’est invitée dans mes choix de consommation, au moment où j’ai commencé à vivre seule et à faire mes propres choix.
Puis il y a eu ma première grossesse, et là c’est devenu incontournable. Comme si je réalisais profondément qu’il y avait une vie après moi. Et que je me devais de prendre soin de l’environnement de ma fille… presque autant que d’elle.
Ça m’a amenée à réfléchir au-delà de notre cercle familial, à notre relation au vivant, et notamment aux animaux. L’expérience de l’allaitement, par exemple, a été un déclic très fort. Elle m’a fait devenir végane, parce que je ne pouvais plus accepter le fonctionnement de la filière laitière après avoir vécu cela dans mon propre corps.
Donc la responsabilité que je ressens aujourd’hui vis-à-vis du vivant et de la société s’est construite progressivement, à un niveau très personnel. Et en devenant indépendante, j’ai eu envie de la prolonger au niveau professionnel.
Aujourd’hui, je suis dans une forme de “jeune adulte professionnelle” : j’ai encore beaucoup à apprendre, mais j’ai la curiosité et la motivation pour faire évoluer ma pratique en cohérence avec mes valeurs.
On me demande souvent comment peinture et engagement écologique peuvent être compatibles. Pour moi, l’activité artistique a justement été la réponse à mon besoin d’avoir une activité engagée. L’art n’est pas toujours perçu comme indispensable. On peut donc questionner son empreinte écologique. Mais je crois profondément au pouvoir du brainprint : l’empreinte positive sur les esprits.
La peinture est, pour moi, une manière de nous reconnecter à notre humanité. De nous rappeler ce qui compte vraiment. Et dans une époque troublée, je crois que cette fonction-là est essentielle.
Mon engagement est donc double. D’abord, augmenter l’impact inspirant de mon travail :
Ensuite, réduire autant que possible mon empreinte matérielle. Concrètement :
C’est une démarche en amélioration continue. Je l’alimente grâce à une veille régulière, des formations, comme Créateurs Rev3, Graphic for Good ou Web for Good et des démarches collectives, comme la Fresque des Nouveaux Récits ou YesWeekLean avec Place de la Communication
L’adhésion à 1% for the Planet avait retenu mon attention dès la présentation de l’association. Cette dimension de responsabilité sociétale a clairement participé à ma décision de rejoindre le réseau.
Après, je suis particulièrement sensible aux enjeux environnementaux.
Ce qui m’a marquée en arrivant, c’est l’engagement sur la mobilité douce. C’est rappelé à chaque événement. Vivant à la campagne, sans transport en commun, ce n’était pas un axe prioritaire pour moi parce que c’est plus complexe à mettre en place.
Mais ça m’a fait évoluer : j’ai pris une carte de métro, et désormais je laisse régulièrement ma voiture en parking relais pour me rendre à Lille.
Le numérique responsable, avec YesWeeklean, m’a aussi beaucoup intéressée, cela m’a permis de structurer mon action numérique à un moment précis de l’année, ce qui est très stimulant. Le numérique est une consommation invisible. On parle souvent des déchets matériels, visibles dans les bureaux ou lors d’événements, et c’est important. Mais l’attention portée aux déchets numériques, donc invisibles, m’intéresse au point que je me suis formée sur le sujet.
Je pense que l’impact de ce type d’action va au-delà des chiffres communiqués :
La responsabilité sociale me touche un peu moins directement en tant qu’indépendante, mais je suis ravie de l’attention portée à l’équipe permanente et j’apprécie l’espace qu’on nous donne en tant que membres pour exprimer nos besoins et nos avis.
Je crois beaucoup à l’exemplarité et à la médiation.
Plus il y aura d’acteurs qui mettent en place concrètement une démarche RSE au cœur de leurs actions et qui en parle concrètement, plus les mentalités évolueront.
Une association comme Place de la Communication a un rôle important à jouer pour montrer que c’est possible, que c’est compatible avec la performance, et que c’est une dynamique collective.
Pour moi, la RSE, ce n’est pas seulement réduire ce qui se voit. C’est aussi prendre soin de ce qui ne se voit pas : les récits qu’on diffuse, les imaginaires qu’on entretient, l’impact qu’on a sur les esprits.
Dans la communication et dans l’art, cet invisible-là est immense. Et je crois que c’est là que se joue une grande partie de notre responsabilité.
Merci pour votre engagement dans la commission RSE, et pour ce temps d’échange.
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